e-mail :drop-in@ne.ch


INTRODUCTION        

 

Que de confusions sont générées par la révision de la Loi fédérale sur les stupéfiants, en fait essentiellement par la proposition de la dépénalisation de la consommation du cannabis. 

Il faut le reconnaître, la situation n'était déjà pas claire avant, avec 26 applications cantonales différentes de la loi : par exemple un jeune achète librement du cannabis dans un magasin ayant pignon sur rue à Bienne et se fait arrêter par la police à Neuchâtel ! 

Ce rapport d'activité aimerait permettre une clarification de la situation. Il veut informer sur ce fameux "cas cannabis". 

La tâche n'est pas facile car la dépénalisation de la consommation du cannabis génère un débat faussé, quel que soit l'angle de vision. 

Comment faire admettre une dépénalisation d'un produit psychotrope illégal (drogue), sans réellement avoir expliqué pourquoi il serait utile de le faire ? 

Quelle idée saugrenue de préconiser de commencer par la dépénalisation puis d'élaborer des stratégies d'information ou de prévention pour que ce ne soit pas un autogoal (coût estimé par la Confédération, 85 millions à la charge des cantons).! 

Nous ne sommes pas habitués à une politique prônant "la charrue avant les bœufs". 

Il aurait été plus logique d'instaurer en Suisse une campagne d'information et de formation en matière d'addiction pour générer un large débat national ayant des chances d'aboutir à une meilleure connaissance de ce problème complexe et à un consensus éclairé. Les chances d'évoluer vers un réel progrès auraient été beaucoup plus importantes. 

Et surtout, pourquoi avoir choisi de ne proposer cette dépénalisation que pour la consommation du cannabis, favorisant ainsi la confusion générale en laissant croire qu'il s'agit d'un produit moins dangereux que les autres ?

Ce qui n'est pas vrai, comme nous l'expliquerons dans ce rapport  : "le cas cannabis !" 

 

En fait il y a confusion entre deux phénomènes distincts

-        Une meilleure connaissance du phénomène en addictions du point de vue neuroscientifique, médico-psychosocial mais aussi anthropologique et socio-politique tend de plus en plus à démontrer que la pénalisation de la consommation de produits psychotropes, légaux ou illégaux, est non seulement inutile mais qu'elle est contre-productive. En toute bonne conscience, nous reproduisons les mêmes erreurs que  celles qui avaient été faites par exemple, avec la prohibition de l'alcool. 

-        La consommation du cannabis devient un phénomène de masse. Elle est banalisée et, vu le nombre de consommateurs, elle pose de plus en plus de problèmes, en particulier chez les plus jeunes et les plus vulnérables. 


L'amalgame et la mauvaise compréhension de ces deux phénomènes génèrent la situation actuelle qui risque d'amplifier la banalisation de la consommation du cannabis et de déstabiliser complètement le monde des adultes, parents, éducateurs, enseignants et politiques, au moment où, tout au contraire, des positions fermes doivent pouvoir être prises. 

Dans les circonstances actuelles, osons le dire, peut-être bien avant d'avoir pu l'expliquer d'avantage : la pénalisation de la consommation des produits psychotropes illégaux (drogues) n'a pas de sens. 

Attention, on ne parle là que de la consommation, pas du trafic ni de la délinquance qui y sont liés. 

Cela ne veut surtout pas dire qu'il faut banaliser cette consommation ou même l'autoriser aux plus jeunes, aux plus vulnérables. 

Cela veut dire que l'utilisation des produits psychotropes illégaux (drogues), surtout par les plus jeunes, est un problème trop grave et trop important pour  n'avoir comme garde-fou qu'un "interdit pénal" qui a largement fait la preuve ces dernières années de son inefficacité et surtout de son inadéquation. 

Cet "interdit pénal" génère de plus des effets pervers, comme le fait de mettre "hors la loi" des centaines de milliers de personnes en Suisse, dont des très jeunes, et de l'accepter socialement par un "principe d'opportunité" qui ne peut être que flou, peu structurant, peu éducatif et mal compris par les jeunes et les adolescents. 

De plus, le monde des adultes, de l'école, des éducateurs, des parents, du politique, se décharge de sa responsabilité de promouvoir la prudence et l'interdit, sur une police qui, elle, n'a ni le temps ni les moyens de s'en occuper ! 

Nous essayerons dans ce rapport "le cas cannabis" de démontrer qu'il est grand temps de compléter ou, suivant l'évolution politique, de remplacer un "interdit pénal" désuet par un "interdit social" potentiellement beaucoup plus puissant pour prévenir, promouvoir la prudence et l'interdit pour les plus jeunes. 

Cet "interdit social", qui dicte "ce qui se fait et ce qui ne se fait pas", est certes potentiellement plus puissant, mais il exige que nous tous, parents, enseignants, éducateurs, politiques, adultes en général, nous nous réappropriions cette compétence et que nous reprenions cette responsabilité qui nous permet, à tous, d'intervenir. 

La suite de l'introduction est composée de l'ensemble des "clichés" que nous utilisons dans les exposés sur le sujet ! 

Leur lecture vous permettra quasiment d'assister à l'un d'eux mais en plus, ces clichés n'ont pas de "copyright" : n'hésitez pas à les photocopier sur des transparents et à les utiliser s'ils peuvent vous être utiles pour expliquer autour de vous ce problème complexe et faire ainsi progresser la prévention et la promotion de la santé et du bien-être pour les plus jeunes. 

N'hésitez pas non plus à nous solliciter pour vous présenter le sujet.

Cela nous permettra de développer les idées souvent présentées de manière très synthétique dans les clichés.

 

prévention primaire
prévention secondaire
prévention tertiaire (secteur de soins ).
Aide à la survie
Retour à la page d'accueil